Axel Cleenewerck
Consommation de bière en berne: du jamais vu depuis la Seconde Guerre
Belgian Beer Weekend 02-09-2016 © Bart Van der Perre - lowres (17 of 46)
La consommation de bière en Belgique s'est effondrée en raison de la crise du coronavirus. Les cafés rouvrent à peine leurs portes, et de janvier à mai, la consommation a baissé de 56% dans l'horeca et de 6% dans la grande distribution, "du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale", selon la fédération des Brasseurs.

Les Brasseurs avaient pourtant bouclé l’année 2019 sur une note positive. Ils avaient vu la consommation de la pils légèrement augmenter (+1,3%) par rapport à 2018, une première en dix ans. Avec le retail, les chiffres étaient même stables, ce qui représente une prestation tout à fait correcte car 2019 suivait une année qui avait notamment vu les Diables rouges enregistrer leur meilleure performance dans une Coupe du monde. La bière avait donc dû couler à flots!

Mais voilà, la crise du coronavirus est venu enrayer la timide reprise. Dès l’annonce du confinement, les Brasseurs ont vu les ventes dans la grande distribution augmenter les premiers jours, mais cela n’a pas perduré et on a observé une baisse de 6% sur les cinq premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2019.  Dans l’ensemble, la consommation en Belgique a baissé de 30%.

Les Brasseurs boivent également la tasse à l’exportation, secteur clé pour eux qui ont exporté près de trois quarts de leurs breuvages l’an dernier. « Nous ne disposons pas encore de chiffres précis pour ce début d’année, mais il va y avoir un sérieux ralentissement, sans aucun doute », explique Jean-Louis Van de Perre, président de la fédération des Brasseurs belges.

La Chine qui a déjà considérablement réduit ses importations de bière belge entre 2018 et 2019 (-34%), va sans doute s’en passer encore un peu plus, à la suite de la crise sanitaire.

Belgian Beer Week-end

Vitrine pour les importateurs et autres touristes, le Week-end de la bière belge sur la Grand-Place de Bruxelles, traditionnellement prévu le 1er week-end de septembre, a été annulé. « Il était évidemment impossible de respecter la distance sociale », a expliqué Nathalie Poissonnier, directrice générale de la fédération. Quelque 70.000 visiteurs, dont 70% étrangers, prennent généralement part à ce festival de trois jours.

Bruine kroeg

Dans l’horeca, les petits cafés ou « bruine kroeg » constituent le principal souci de la fédération ces prochains jours. « Certains n’ont tout simplement pas encore rouvert. Il s’agit souvent de petits endroits qui ne disposent que rarement d’une terrasse, et où les habitués apprécient prendre leur bière au comptoir », analyse M. Van de Perre. « Peut-être faudrait-il envisager un assouplissement des mesures de précaution pour ces établissements », suggère-t-il. « Ces lieux font clairement partie de la culture de la bière en Belgique et nous pouvons craindre pour la survie de certains d’entre eux dont la bière constitue une part importante du chiffre d’affaires. »

 

Le responsable s’efforce de rester positif. « Malgré le contexte difficile, les brasseurs belges sont optimistes pour l’avenir. Nous existons depuis le 13e siècle et avons traversé bien des épidémies et des guerres. Notre passion, notre créativité et notre savoir-faire vont nous permettre de relever la tête », écrit-il dans l’avant-propos du rapport annuel.