Axel Cleenewerck
Grandvoir – son château, son hôtel et… sa brasserie
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Hôtel de prestige, appart‑hôtel, salle de séminaire, salle de mariage et désormais… microbrasserie. Plus besoin de s’enquérir de la boisson à servir lors de votre congrès ou de vos noces ! Le château de Grandvoir, près de Neufchâteau (province de Luxembourg), vous offre toutes ces possibilités. Actuellement, il n’y a qu’un Vaurien pour vous désaltérer, mais la blonde de 5,7 %, de haute fermentation, s’avère particulièrement rafraîchissante.

On doit ce pôle touristique à un jeune couple de Bruxellois, Geoffroy et Barbara Dewitte, qui s’est perdu dans la région il y a quelques années à la recherche d’un « petit bout de patrimoine à des fins d’investissement ». Ils sont tombés sur Grandvoir. L’organisation s’est ensuite faite par phases, en commençant par l’hôtel, et dans le respect des lieux. « Tout était rassemblé ici : le château, la rivière, etc. À nos yeux, la brasserie n’en était que la suite logique. » Dans le cadre de cet ultime projet, le couple a pris soin de s’encadrer d’experts : il a ainsi fait appel aux services de Bert De Wit, ancien brasseur à Affligem devenu consultant. Les premiers brassins‑tests ont été menés sous sa supervision, dans l’installation de Filip Delvaux à Neerijse (brasserie Kroon). Les professionnels trouvés, il fallait encore dénicher le matériel. Là aussi, le couple Dewitte a fourni tous les efforts nécessaires pour acquérir un équipement de pointe, conçu par la société allemande BrauKon, spécialisée dans l’installation de microbrasseries et de brasseries moyennes. L’unité semi‑automatisée de Grandvoir a une capacité de 4 000 hectolitres annuels. Un bijou estimé à quelque 600 000 euros.

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Ancrage local

Geoffroy et Barbara ont beau débarquer de leur capitale, ils n’en sont pas moins restés à l’écoute des locaux. Il en a été ainsi lors de la conception de la bière. « Nous avons participé à des fêtes organisées dans le coin. Nous sommes allés à la rencontre des gens, et nous nous sommes intéressés à leurs goûts. Le résultat est cette bière, le Vaurien, une bière de soif, désaltérante et légère en alcool », résume Geoffroy Dewitte.

Rafraîchissante, la blonde est idéale pour la troisième mi-temps : il n’en fallait pas plus pour que le logo de la brasserie orne la vareuse des joueurs du club de football local évoluant en troisième provinciale. D’ailleurs, les mille premiers hectolitres s’écouleront sans peine auprès des associations de la région, nous assure‑t‑on. Ce n’est pas le célèbre arbitre Marcel Javaux qui nous contredira, lui qui était présent lors de l’inauguration fin septembre. Également originaire du Luxembourg belge, il a été nommé ambassadeur du Vaurien.

Autre renfort de la province et toujours dans le souci de s’en remettre aux autochtones, le jeune Julien Depierreux s’est vu confier le fourquet. Formé à l’Institut Meurisse à Anderlecht et passé par la brasserie de Rulles pour un stage, le brasseur effectue un retour providentiel sur ses terres, lui qui « préfère le calme de la campagne au bruit de la ville ». En outre, « je ne pouvais rater l’occasion de gérer une installation complète et d’une telle qualité en sortant de mes études », confie-t-il.

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Une virée du Vaurien à l’étranger

Quant à l’éventualité d’une compagne de maraude pour le Vaurien, Julien Depierreux précise qu’il a déjà des idées pour développer d’autres bières (blonde forte, brune, etc.), qui s’efforceront de rester dans la lignée de la première née. « Mais, pour le moment, nous nous attachons à notre produit de base pour bien le lancer », assure-t-il.

Le Vaurien a beau avoir été conçu avant tout pour plaire à une clientèle locale, des contacts sont déjà menés à l’étranger. Le nord de la France, tout proche, et l’Italie sont prêts à écouler les premiers breuvages de Grandvoir.