Axel Cleenewerck
La bière de l’abbaye de Gembloux brassée intra-muros dès septembre 2018
2008-09-25 Campus © Quanah Zimmerman 023 (1)
L'université de Gembloux, qui a investi au 19e siècle une ancienne abbaye, a l'intention de produire la bière du lieu, l'Abbaye de Gembloux, sur son site propre. Le projet BeerFac est porté par les autorités universitaires et la communauté estudiantine. Antoine Malingret, bioingénieur formé à Gembloux, en est la cheville ouvrière. Ce n'est pas un inconnu sur la scène brassicole puisqu'il dispose depuis l'été 2016 de sa propre petite brasserie à Boussu, "Ca brasse pour moi".

« Nous voulons moderniser une bière au style un peu poussiéreux et commercial », affirme-t-il. A côté de la production de l’Abbaye de Gembloux classique, le jeune homme espère développer une bière plus légère, proche de ce que buvaient les moines à l’époque, ainsi qu’une gamme « high level », avec vieillissement en barrique.

La nouvelle brasserie gembloutoise devrait voir le jour à la prochaine rentrée académique. Le rythme de croisière annuel à moyen terme sera de 1.000 hectolitres.

Dans sa version actuelle, l’Abbaye de Gembloux est produite depuis plus de 30 ans par la brasserie Lefebvre à Quenast. « Nous n’avons rien contre le projet pour autant que la manoeuvre ne vise pas à concurrencer l’une ou l’autre brasserie de la région », commente Paul Lefebvre, sixième génération à la tête de la brasserie de Quenast. Le volume d’Abbaye de Gembloux (8% vol. alc.) est aujourd’hui de 350 hl. La perte d’un tel contrat peut sembler anecdotique pour une brasserie de l’envergure de Lefebvre (100.000 hl annuels). Elle revêt toutefois une dimension symbolique. « Ce type de contrat a permis à ma famille de subsister dans les années où les brasseries fermaient les unes après les autres », analyse Paul Lefebvre. Son entreprise a récemment dû céder également la production de la Bonne-Espérance. Il lui reste ses Floreffe comme bières d’abbaye reconnues.