Axel Cleenewerck
La Bokkereyer terrasse Bokkereyder
Bockereyder3
Les brasseurs belges peuvent être unis, chacun d’eux n’en reste pas moins une entreprise soucieuse de défendre ses intérêts commerciaux. De nombreux conflits en tout genre ont déjà éclaté entre brasseurs, notamment pour des similitudes entre deux bières (Duvel VS Filou), deux designs (Maes Pils VS Jupiler Blue) ou encore deux verres (Kwak VS Corne du Bois des Pendus). Les différends portent également sur l’usage d’un nom et le dernier en date opposait le jeune coupeur de lambics Bokkereyder à la brasserie limbourgeoise Cornelissen, qui brasse une… Bokkereyer.

Et la décision de justice ne joue pas en faveur de Raf Souvereyns, fondateur de Bokkereyder. Alors que ses bières se vendent comme des petits pains, notamment depuis sa désignation en 2017 comme meilleur jeune brasseur sur le site de cotations de bières Ratebeer, il ne peut plus appeler ses bières Bokkereyder depuis le 1er février sous peine d’amendes, explique-t-il au quotidien Nieuwsblad.

La brasserie familiale Cornelissen, établie à Opitter, brasse depuis 30 ans une ambrée répondant au nom de ‘Bokkereyer’. Une lettre de moins par rapport au coupeur de lambics de Hasselt, mais cela semblait encore trop proche aux yeux de Cornelissen.

Raf Souvereyns pourra écouler les bières produites avant le jugement sous le nom actuel avant de changer ensuite. Il n’a encore aucune idée de la nouvelle appellation mais ne semble pas inquiet. “Les produits restent les mêmes”, soutient-il. Il prévoit de “brainstormer” avec des amis ce week-end et surtout de solliciter un avocat afin de ne plus commettre la même erreur. Quasimment introuvables en Belgique, ses bières sont très populaires en Scandinavie où on les déguste dans différents bars de Suède et du Danemark.

Dans une autre affaire nominale, la brasserie Huyghe avait obtenu gain de cause face à l’ASBL Abbaye de Villers. Celle-ci a pourtant eu le mérite de refaire brasser certaines bières in situ depuis 2016. Et la bière Villers, si elle ne renvoyait plus à aucune communauté d’une abbaye aujourd’hui en ruines, pouvait par là revendiquer un lien géographique. Mais la brasserie Huyghe, elle, a avancé un argument historique: celui de la reprise en 1999 de la brasserie de Liezele qui avait lancé au milieu du XXe siècle une bière Villers à la demande de l’abbaye de Bornem, abbaye fille de Villers-la-Ville. En appel, la justice a donné raison à Huyghe, bien que située à une centaine de kilomètres de Villers-la-Ville, et les Villers Triple et Vieille Villers d’encore figurer dans le portefeuille de la brasserie de Melle.

 

Illustration: Willy Vandersteen (Standaard Uitgeverij)