Axel Cleenewerck
La Chouffe sur un nuage
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Un des premiers soucis des responsables commerciaux, c’est d’être vu. Le spot télé à la mi-temps du Superbowl constitue à ce titre un must. Mais il y a des façons moins onéreuses et plus originales d’être repéré. Investir dans une montgolfière floquée de sa marque phare, par exemple. C’est ce qu’a fait Duvel-Moortgat avec sa Chouffe. Et d’ainsi donner encore plus de visibilité à un lutin déjà tellement iconique en Belgique, mais aussi aux Pays-Bas et surtout en France.

Après quelques tests en Suisse, le ballon Chouffe a effectué un premier vol en Belgique début mai au départ… d’Achouffe évidemment! A son bord, douze passagers tout de même dont le cofondateur et éternel ambassadeur de la marque, Chris Bauweraerts. Quelques minutes après le décollage, il aperçoit d’ailleurs sa maison.

Pour la plupart des passagers, Chouffards et autres journalistes, il s’agit d’un baptême de l’air. “On peut bouger”, demande une jeune dame peu rassurée. “Vous pouvez danser même”, lui répond le pilote. Et quand ce dernier prend nonchalamment des photos du paysage alors que la cîme des sapins approche rapidement de la nacelle, certains ne sont pas très tranquilles. Quelques coups de gaz et nous reprenons vite de la hauteur. Nous grimperons jusqu’à 1.000 mètres par endroits, la tête dans la première couche de nuages, et naviguerons à des vitesses comprises entre 10 et 30 km/h.

L’expérience est très paisible. Un peu moins pour quelques vaches paniquées et des chiens qui ne cessent d’aboyer. Alors qu’on survole un camping, plusieurs touristes lorgnent le ballon et semblent attendre un larguage de Chouffe en cannettes, autre sortie commerciale récente du groupe de Puurs.

Après une heure de vol, le ballon se pose non loin de la frontière avec le Grand-Duché de Luxembourg.

Visibilité assurée

De retour sur le plancher des vaches, l’équipe de la société Filva Ballonvaarten replie les 340 kilos de toiles en deux temps trois mouvements tandis qu’un bar est improvisé en rase campagne. L’occasion de revenir sur la démarche avec Chris Bauweraerts et le pilote Filip Audenaert. “Le projet a mûri pendant deux ans chez Duvel-Moortgat”, nous confient-ils. La brasserie a signé un contrat de 5 ans avec Filva, implantée à Waasmunster. Il faut compter au moins 50.000 euros pour la confection d’un tel ballon. Un bon investissement, selon M. Bauweraerts. “Le ballon ne passe pas inaperçu, même ici dans la région d’Houffalize, où se tient un événement VTT”, souligne-t-il. Le pilote précise que l’impact commercial dépend logiquement du lieu et du moment du vol. “Nous sommes déjà passés au dessus du Pukkelpop pour d’autres clients. Là, le potentiel est énorme”, précise-t-il.

La France devant la Belgique

Le ballon en tant que tel a une durée de vie limitée, estimée entre 5 et 8 ans. Le lutin Chouffe effectuera une petite centaine de vols par an, essentiellement en Belgique, aux Pays-Bas et en France. L’Hexagone constitue tout simplement le premier marché de la Chouffe avec 120.000 hectolitres exportés chaque année, soit plus que ce qui est consommé en Belgique. “Avant la reprise par Duvel en 2006, nous envoyions mille hectolitres en France”, se souvient Chris Bauweraerts.

Aujourd’hui, la bière qu’il a créée en 1982 avec son beau-frère Pierre Gobron, poursuit plus que jamais sa croissance. Sur terre et dans les airs.