Axel Cleenewerck
La sélection du maître-brasseur
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De Brabandere a voulu offrir un peu de distraction à ses trois maîtres-brasseurs, les autorisant à laisser un temps de côté la gamme classique des Petrus pour raviver un peu leur créativité. Il en ressort trois brassins, rassemblés sous l'appellation Brewmaster's Selection, qui laisse entendre que les artisans n'ont pas renié leurs préférences dans la recette. Le trio de nouvelles venues était attendu après une 1894 de bonne facture, brassée pour les 120 ans de la brasserie. Le brasseur ouest-flandrien lance ainsi lui aussi sa gamme de bières éphémères, des brassins qui ne sont certes pas dénués d'un aspect commercial, mais qui ont l'intérêt de laisser libre cours à l'imagination du maître-brasseur.

La première bière présentée cette semaine est une Wild Tripel Hop, élaborée par le brasseur le plus expérimenté de De Brabandere, Chris Van Acker, qui compte plus de trois décennies au service de la brasserie de Bavikhove. Le breuvage est composé de 15% de bière vieillie deux ans en foudre de chêne, et est coupée avec la Petrus Tripel, elle-même renforcée avec deux variétés de houblons américains, le cascade et l’amarillo. Cette combinaison donne une bière blonde-dorée à 8% vol. alc. avec une mousse compacte, une belle amertume houblonnée et une pointe surette en fin de bouche.

Les deux brassins suivants seront l’oeuvre des deux autres maîtres-brasseurs. Yves Benoit, 20 ans chez De Brabandere, a ainsi planché sur une bière rafraîchissante, proche d’une blanche, et qui sortira en juillet. Peter Maes qui affiche 8 années de services à Bavikhove, devra lui attendre le mois d’octobre pour présenter une bière sombre comme peut l’être une soirée d’automne. Le brasseur nous promet un breuvage assez chargé mais tout de même accessible.

Cent cinquante hectolitres de chaque version seront brassés et si le succès est au rendez-vous, De Brabandere avertit déjà que la bière pourrait perdre son caractère éphémère…

La sortie de ces brassins coïncide avec l’inauguration, 10 ans après une nouvelle salle de brassage, d’une unité d’embouteillage, d’une valeur de 10 millions d’euros. “Le but est de pouvoir tout faire à la maison avec des possibilités d’étiquetage diversifiées et d’améliorer encore la qualité de la bière en réduisant l’oxydation lors de la mise en bouteille”, a expliqué Albert De Brabandere, administrateur. La brasserie est en légère croissance d’année en année pour un total de 180.000 hectolitres en 2016. Particularité qui la distingue de ses consoeurs belges: elle n’exporte aujourd’hui qu’un tiers de sa production, entrevoyant ainsi un potentiel de croissance pour l’avenir.

Quelques exemplaires du premier brassin spécial

La salle des foudres