Axel Cleenewerck
Les étrangers boivent deux fois plus de bière belge que… les Belges
Belgian Beer Weekend 02-09-2016 © Bart Van der Perre - lowres (32 of 46)
Tous pays étrangers confondus, la consommation de bière belge est désormais deux fois plus importante à l’extérieur de nos frontières qu’en Belgique. Septante pour cent de la bière belge sont en effet destinés à l’exportation. Chez nous, la consommation continue à baisser, particulièrement dans l’horeca qui n’accueille plus que 43% des bières, le reste allant à la grande distribution.

La Fédération des brasseurs belges se dit consciente qu’un ancrage local de la bière est important et espère que la consommation va reprendre sur son marché domestique. “Si l’été est bon et que les Diables rouges vont loin, je me risque à pronostiquer une stabilisation du marché pour 2018”, avance Jean-Louis Van de Perre, président des Brasseurs belges. Le premier résultat de notre équipe nationale en Russie a pu le mettre en confiance.

Autre raison de satisfaire le responsable: la bonne prestation des bières sans alcool ou faiblement alcoolisées (moins de 3,5% vol. alc.) qui détiennent désormais une part de marché “non négligeable” de 5%. “Ca a décollé. Ce n’est pas un buzz. La demande est là et nos brasseurs sont parvenus à développer des produits de qualité dont le goût est meilleur que les versions des années passées”, explique M. Van de Perre. Il semble en outre que la diversité chère au secteur brassicole belge s’observe également dans le sans ou faible en alcool, comme en témoigne la dernière sortie de De Halve Maan: une Brugse Zot sans alcool!

Si la consommation globale reste terne en Belgique, notre boisson nationale fait toujours recette à l’étranger. Le recul annoncé aux Etats-Unis en raison de l’émergence de milliers de craft brewers n’a pas encore eu lieu. Les exportations des brasseurs belges ont même augmenté de près de 20% en un an, à 2,65 millions d’hectolitres en 2017. Les Américains absorbent désormais plus de bière belge que les Néerlandais. Seuls les Français, nettement plus peuplés que les Bataves, il est vrai, font mieux et ont encore une belle longueur d’avance (4,23 millions d’hectolitres). Même si la croissance à l’étranger n’est pas infinie, nos brasseurs sont confiants pour le futur. “Nous sommes très bien positionnés avec une diversité et une qualité constante de nos produits”, se rassure Jean-Louis Van de Perre.

Il est encore un peu tôt pour aborder les festivités du Belgian Beer Weekend (BBW) sur la Grand-Place en septembre, qui célèbre cette année son 20e anniversaire. La formule devrait rester similaire aux années passées. A moyen terme, la Fédération, dont seuls les membres peuvent prétendre à un espace sur la Grand-Place durant le BBW, souhaite tout de même revoir ses conditions d’adhésion. Aujourd’hui, seules 70 brasseries environ sont membres sur plus de 260 au total, selon les statistiques de Zythos. “Nous voulons rassembler et constituer une grande famille de brasseurs”, selon le président. Une brasserie candidate pourrait ainsi ne plus attendre cinq ans d’existence et le seuil de 3.000 hectolitres annuels avant de frapper à la porte de la Maison des brasseurs… La brasserie devra toutefois disposer d’une installation professionnelle et les sociétés de brasserie resteront hors jeu.