Axel Cleenewerck
Quelques hectolitres de bière sur l’ancien site de Grade
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Dimanche 6 octobre avait lieu la Journée découverte entreprises. On ne doit évidemment pas traduire cela en « Journée brasseries portes ouvertes », mais dans le Brabant wallon, sur la quinzaine d’entreprises participantes, 5 étaient des brasseries dont celle de l’Orne à Mont-Saint-Guibert. L’occasion d’aller découvrir cette jeune coopérative.

La brasserie de l’Orne a investi ni plus ni moins que le site de l’ancienne brasserie Grade qui faisait la fierté des Guibertins jusqu’à sa fusion à la fin des années ‘80 avec Belbrew (ancêtre d’AB InBev). Le début d’une lente agonie.

Les cuves d’aujourd’hui peuvent paraître anecdotiques en un lieu où, au temps de sa splendeur, Grade brassait des centaines de milliers d’hectolitres dont la marque phare locale, la Vieux Temps, et… la Leffe. Jo Grade qui a assisté à la fermeture définitive de la brasserie familiale en 1996, est décédé il y a peu à l’âge de 93 ans.

La renaissance d’une activité brassicole a débuté en 2017 lorsque des riverains ont vu dans la création d’une brasserie le projet idéal à inscrire dans le cadre du mouvement Transition Mont-Saint-Guibert. Dix-neuf personnes aux profils divers (scientifique, financier…) ont finalement constitué une coopérative qui compte à ce jour 240 membres. La production a démarré il y a six mois environ et est à ce stade encore limitée à 250 hectolitres. La moitié de celle-ci est directement réservée aux coopérateurs alors que l’autre moitié est destinée à égayer les événements locaux. Une nouvelle installation devrait être opérationnelle au printemps prochain et permettra de porter la production à moyen terme à 800 hectolitres.

De quoi alors envisager une distribution dans les boutiques spécialisées et l’horeca local. Les circuits courts sont en effet privilégiés par la coopérative, tant dans la distribution que dans la production. « Pour le malt, nous travaillons avec la coopérative CultivAé de Perwez et nous allons chercher nos houblons à Poperinge chez un cultivateur bio », explique Jean Cayron, maître-brasseur de l’Orne. « Nous serions même ravis de collaborer avec une houblonnière plus proche à l’avenir . »

Du bio

La première bière est une blonde à 5,8 % vol. alc., sur le point d’obtenir son label bio. L’équipe de brasseurs souhaite encore perfectionner cette recette avant de se lancer dans la production d’autres breuvages. Les idées ne manquent pas et une brune ou une bière d’épeautre pourrait accompagner l’Ornoise (blonde) prochainement.

La brasserie est également participative. Les coopérateurs sont invités à prendre part à différentes étapes du brassage, l’embouteillage notamment. Ils peuvent également faire part de leurs idées de prochains styles de bière. Le choix de la bière n’est cependant pas conditionné au résultat d’un simple plébiscite, les brasseurs de l’Orne souhaitant marquer la production de leur empreinte également.

Les structures coopératives ont le vent en poupe dans le secteur brassicole wallon avec entre autres la Lesse à Eprave, la Brasserie coopérative liégeoise et le Renard à Pécrot.