Axel Cleenewerck
Un nom de bière ne se choisit pas par hasard
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Tripick, le nom de la nouvelle aventure liégeoise, sonne comme un jeu de hasard. On n'est pas loin du Pick3 ou du Quick Pick de la Loterie nationale. Mais nous sommes bel et bien dans la bière... tout en étant proches du monde des casinos! Les responsables du groupe Ardent, Emmanuel Mewissen et Nicolas Leonard, sont en effet derrière le projet. Un troisième larron, Frédéric Ambroise, nous vient de l'Hexagone. avec une grande expérience d'exportation de bières en France engrangée au cours de quelques années passées chez Huyghe.

Les premiers brassins de la Tripick remontent à l’automne dernier. La communication autour du projet et du produit a été lancée début 2017. L’ancrage liégeois est souligné, mais pas uniquement. « Tout ce qui peut être fait à Liège sera fait à Liège » pour cette bière… « made in Ardenne », est-il écrit dans le communiqué de presse. Le breuvage est en effet brassé à Gouvy en province de Luxembourg par la brasserie des 3 Fourquets. 1.500 hectolitres sont déjà programmés d’ici mi-juin. Les concepteurs attaquent d’emblée le marché avec deux bières: une à 8% vol. alc., l’autre à 6% cette dernière répondant à une demande de plus en plus forte en bières spéciales peu alcoolisées, souligne Frédéric Ambroise, responsable des ventes pour Tripick.

M. Ambroise n’en reste pas là et fort de son passé d’exportateur, il a créé la plateforme Belgium Beer Export destinée à faciliter l’envoi de bières wallonnes à l’étranger. Avec une telle carte de visite de son géniteur, nul doute que la Tripick aura rapidement soif de voyages.

Mais, si ce n’est de jeux de hasard dont il est question, à quoi renvoie le nom Tripick? Le « tri », rappelle le trio à la barre du concept. Il peut aussi exprimer le nombre de houblons utilisés dans la recette ou le style de la « 8 », une triple. « Pick » est une référence ornithologique. Le pic-vert est « bien connu dans la région ardennaise », précise encore le communiqué. Pas de pic en Cité ardente alors? Et pourquoi pas? Il n’y a guère de frontière pour un volatile qui vient donc à point nommé pour symboliser ce projet liégeo-ardennais. A Bruxelles, on dirait que tout cela fait quand même un peu… Vogelpik. Ce ne sont pas nos amis d’En Stoemelings qui vont nous contredire.

Dans son verre, le Tripick 8 dévoile un beau plumage doré avec une crête blanche abondante. L’amertume est franche et présente dès l’entame en bouche mais bien maîtrisée ensuite (35 EBU), ce qui fait de cette triple une bière assez réussie.