Axel Cleenewerck
Un spiritueux et une Grisette chez Saint-Feuillien
Triple Distilled
Les régimes bio et sans gluten ont le vent en poupe et bon nombre de leurs adeptes ignorent que quelques brasseries belges proposent des bières adhoc. Saint-Feuillien a donc décidé de faire campagne pour sa Grisette, une gamme qui vient de s'élargir en accueillant une triple. L'occasion pour la brasserie de rappeler que la Grisette constitue un style de bière historique dans le Hainaut. Saint-Feuillien annonce également la sortie en juillet d'un St-Feuillien Triple Distilled Malt, veilli en fûts de bourbon.
Edwin Dedoncker, nouveau directeur général de la brasserie familiale, a salué le flair des Friart à faire déposer la marque Grisette il y a quelques années. Le style de bière historique tire désormais la croissance de la brasserie du Roeulx.
« Entre 1900 et 1950, une cinquantaine de brasseries, essentiellement situées entre Tournai et Charleroi, produisaient ce type de bière, une ambrée, de fermentation haute et conditionnée en tonneau de bois », explique Dominique Friart, administratrice déléguée. Chez Saint-Feuillien, la Grisette dans cette forme originale, a vu le jour en 1919. Après une brève interruption dans les années ’70, la brasserie a repris la production en 1985. La gamme a ensuite été progressivement revue et élargie. L’ambrée, teinte brassicole quelque peu désuète aujourd’hui, est passée à la trappe pour laisser place à un trio bio de blanche, blonde et triple. Une ‘fruits des bois’ a été ajoutée en 2004 et le défi de la brasserie est d’en faire une version bio également.
Saint-Feuillien a aussi voulu poursuivre ses aventures dans la distillation après celle entamée en 2011 avec l’Esprit de Saint-Feuillien. La brasserie est d’ailleurs repartie du moût de sa Saint-Feuilien triple qui a été distillé trois fois et vieilli dans des barriques de bourbon pendant six mois. « Reflet du rattachement aux racines de Feuillien (ou Feuillen), moine irlandais du 7e siècle, la triple distillation est une spécificité de la culture du whiskey irlandais. Le résultat est plus ‘smooth’. De plus, l’utilisation de barriques de bourbon de très haute qualité, remplies pour la première fois, va favoriser un vieillissement plus rapide », détaille Mme Friart. Comme lors de la précédente édition, c’est à la distillerie liégeoise Lambicool qu’a été confié ce travail de précision. Le résultat pourra être dégusté en juillet. Quelque 8.000 bouteilles (50 cl) sont prévues, dix fois plus que la production de 2011. Le prix de vente annoncé est de 50 euros.