Axel Cleenewerck
Une brasserie, un parc, un verger… l’énorme projet des 3 Fonteinen
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Il y a dix ans, Armand Debelder pensait que le glas avait sonné pour sa brasserie 3 Fonteinen à Beersel. Cent mille bouteilles d'Oude Geuze avaient alors surchauffé en raison d'un thermostat défectueux. La bière était invendable. Mais le brasseur eut alors l'idée de faire distiller toute cette gueuze chaude en eau-de-vie. Un réel succès. Armand allait ensuite s'entourer de jeunes talents prometteurs, Michaël Blancquaert et Werner Van Obberghen. Dix ans plus tard, c'est ce duo qui présente à la presse un projet d'agrandissement pour le site de Lot, d'un investissement total de 25 millions d'euros.

Aujourd’hui, Armand Debelder s’est totalement retiré des 3 Fonteinen, tant de la production que de l’administration. « La seule chose qu’il nous demande c’est de pouvoir venir quand il le souhaite. Ce que nous avons évidemment accepté », glisse Werner Van Obberghen qui assume la direction générale de la brasserie établie à Beersel et à Lot. C’est sur ce dernier emplacement que les gérants actuels entrevoient de vastes travaux d’expansion.

L’architecte de Belgian Beer World

Les premiers coups de pelle sont attendus pour l’automne 2020 et deux ans seront nécessaires pour mener à bien le projet confié au bureau d’architectes Robbrecht & Daem. C’est ce bureau qui est chargé de convertir la Bourse de Bruxelles en centre d’expérience sur la bière belge et en galerie publique.

Première modification de taille : installer une brasserie à Lot car celle-ci était jusqu’à présent maintenue à Beersel, ce qui entraînait, malgré les trois petits kilomètres qui séparaient les deux sites, des soucis logistiques considérables. Le site de production de Beersel sera tout de même conservé et nul doute que les responsables de 3 Fonteinen auront à coeur de jouer sur les particularités climatiques locales lorsqu’il s’agira de produire et commercer leur bière. « Il y a en moyenne deux degrés de différence entre les deux sites pendant les nuits d’octobre à avril, période de production du lambic », explique Michael Blancquaert qui souhaite jouer sur cette « plus-value ».

Un centre sera également aménagé afin d’accueillir au mieux les 10.000 visiteurs annuels du Lambik-o-droom. Ceux-ci seront d’ailleurs choyés car un parc sera aménagé tout autour des bâtiments, faisant ainsi place à une plantation d’aulnes noirs, une variété propre au Pajottenland, et à un verger de cerisiers de Schaerbeek.

Circuits courts

On touche ici à une autre ligne de force que souhaitent esquisser Werner et Michaël : les circuits courts. « A peine 4 % des céréales utilisées par les brasseurs belges sont cultivées en Belgique. On veut que ça change. », explique Werner. Des contacts ont déjà été pris avec les agriculteurs de la région afin de disposer d’orge et de froment. Les autres brasseurs du coin sont également sollicités afin de travailler en réseau.

Une variété de houblon chère aux producteurs de lambics car peu amérisante, le Coigneau, pourrait également être replantée dans la région. Et une fois que les arbres auront donné leurs fruits, les cerises de Schaerbeek interviendront directement dans la préparation de la kriek.

Tous ces travaux permettront à 3 Fonteinen de doubler sa capacité pour passer à 6.000 hectolitres annuels d’ici six ou sept ans. Le nombre de travailleurs devrait aussi doubler ; entre 30 ou 40 personnes seront employées à terme par la brasserie.

 

Werner Van Obberghen et Michaël Blancquaert