Axel Cleenewerck
Une nichée au Brésil pour la brasserie Het Nest
nest27
Une petite brasserie de Turnhout, Het Nest, va sous-traiter une partie de sa production auprès d’un partenaire brésilien. Cette stratégie est moins onéreuse que les traditionnels chemins de l’exportation, selon les responsables.

Het Nest a bien grandi en peu de temps, passant d’un groupe de bières amateur fin 2000 à l’inauguration à l’été 2015 d’une véritable brasserie. La production n’en reste pas moins modeste à ce stade: 4.000 hectolitres annuels. A terme, jusqu’à 1.500 hectos pourraient être brassés directement dans les installations de Cervejaria Premium Paulista située en périphérie de Sao Paulo. Cinq bières différentes y seront produites sous licence, correspondant à la gamme permanente de la brasserie Het Nest, composée entre autres de KlevereTien, SchuppenBoer, KoekeDam et HertenHeer.

“Si on avait opté pour l’exportation de nos bières vers le Brésil, nous aurions dû les vendre 40% plus chères que les principales marques domestiques”, explique le gérant Bart Cuypers. Le Brésil peut en outre constituer pour Het Nest une voie d’accès à l’ensemble du continent sud-américain.

Si la question peut être réglée assez facilement sur le plan juridique, en pratique, il faut encore parvenir à reconstituer à l’identique, à l’autre bout de la planète, des bières élaborées dans un village de la province d’Anvers. Il n’est pas difficile de retrouver les mêmes matières premières, mais l’environnement et le matériel utilisé jouent également un rôle. “Il y a forcément une influence de la brasserie, des cuves et nous allons devoir compenser cela en ajustant quelque peu la recette”, a ajouté M. Cuypers. Sans oublier d’essayer de reconstituer l’eau de Turnhout.

Le cas de Het Nest n’est pas sans rappeler l’initiative lancée au Québec au milieu des années nonante par les responsables de la Chouffe, alors encore indépendante. Chris Bauweraerts, l’un des fondateurs, explique dans « My Chouffe Story » qu’un brasseur de Montréal, Jérôme Denys (Cheval Blanc), leur a proposé de brasser leurs bières pour le marché québécois. Aujourd’hui encore, quelque 2.200 hectolitres de « Blonde d’Achouffe » et de « Brune d’Achouffe » sont toujours brassés sous licence à Montréal et distribués dans la Belle Province uniquement. Au Roeulx, c’est le scénario inverse puisque Saint-Feuillien brasse depuis 2014 une double IPA pour le compte de la brasserie californienne Green Flash.