Axel Cleenewerck
Objectif « Gemütlichkeit » à Schaerbeek
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La crise n'a pas brisé tous les projets de brasserie. Retardé probablement, surtout s'il y a une "taproom" à la clé, mais les néobrasseurs restent motivés. A l'image de Joël Galy, 28 ans, un ancien de la brasserie de la Senne, qui s'est posé aux "Ecuries van de tram" à Schaerbeek pour y fonder La Mule.

La réouverture de l’horeca en Belgique étant encore incertaine, le jeune homme s’est concentré sur la production. Le développement du bar et d’un « Biergarten » à l’extérieur peut attendre. Un Biergarten à l’allemande? Presque. Les arbres sont peu présents et c’est plutôt sur des murs que bute rapidement le regard mais cette paroi de briques a l’avantage de réaliser une coupure avec l’environnement immédiat de la rue Royale-Sainte-Marie notamment.

Et le rapport avec la tradition allemande ne s’arrête pas là. Inutile de chercher un lien de parenté teuton chez Joël Galy, dont la mère est suédoise et le père français. Mais les styles de bières choisis constituent une référence directe à ce qui se fait en Allemagne: de la Hefeweizen et de la Lager pour commencer avant d’envisager également de la Kölsch et de la Helles. « Ce sont mes styles préférés et on n’en trouve pas à Bruxelles », commente Joël. A cela, s’ajouteront quelques saisons. Les bières seront conditionnées en cannette et en fût.

Joël Galy opère sur une installation… chinoise flambant neuve, bien meilleur marché que le matériel allemand. Mais pas question d’opter pour un outil automatisé. « On a tout monté nous-mêmes. Je suis très content que ce soit manuel. Je suis brasseur, pas informaticien », assène Joël Galy. Les premiers brassins ont débuté fin mars et le résultat est attendu dans la seconde moitié d’avril.

Convivialité et prix raisonnable

La convivialité est l’autre aspect que le jeune homme retient de la façon de vivre la bière en Allemagne. « Dans le métier de brasseur, la bière n’est pas le but ultime pour moi. Il faut parvenir à créer un esprit de convivialité. Les bières allemandes sont de qualité, avec du goût et de la structure sans toutefois entraîner une réflexion ardue quant à leur composition », poursuit-il. Il espère d’ailleurs faire régner dans son bar intérieur d’une vingtaine de places et son Biergarten, une ambiance de « café de sortie d’usine ». Sur le plan tarifaire, la bière doit aussi rester accessible selon lui, un aspect qu’ont aujourd’hui quelque peu perdu de vue certains de ses collègues plus âgés.

Si le lien entre le parcours de Joël Galy et l’Allemagne ne saute pas aux yeux, ses intentions sont bienvenues dans une Belgique brassicole déjà saturée de bières calquées sur des styles anglo-saxons, et de sociétés de brasserie misant gros sur le marketing.

La Mule fait évidemment allusion à la commune de Schaerbeek, communément appelée « Cité des ânes », mais aussi à la coiffure « Mulet » de Joël, dont il n’est pas peu fier… Quoi qu’il en soit, ses bières devraient bientôt faire parler d’elles au-delà des limites de la commune. Dans un premier temps, elles seront disponibles à la brasserie et chez des cavistes bruxellois (Malt Attacks, Le Barboteur…) ainsi qu’à Mi-Orge, Mi-Houblon à Arlon. »